Précédente Départ de l'arête Suivante

La première benne de six heures vingt est celle des alpinistes.

Il devait être autour de huit heures du matin quand nous avons commencé, Luigi et moi, la descente de l'arête de l'aiguille.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, cette arête présente un certain nombre de caractéristiques intéressantes :

- elle est très étroite

- elle est bordée sur sa gauche (en descendant) d'une pente abrupte qui offre une vue imprenable sur la vallée, 2800 mètres plus bas ... Curieux comme ce genre de spectacle conduit immanquablement l'alpiniste, confirmé comme débutant, à se concentrer sur la façon dont il effectue ses pas, de façon à ne pas se mélanger les crampons.

- à droite, même combat : la pente, plus courte mais tout aussi abrupte, s'achève sur les lèvres minces et sombres des crevasses de la vallée blanche. On se concentre toujours sur ses pieds

.

Midi, arête
Pendant la descente, on garde aussi en tête "la" technique :

ici, tous les topos vous diront que la meilleure façon d'arrêter une éventuelle chute de son compagnon sur l'un des versants consiste à se jeter de l'autre côté de l'arête.

Avec Luigi, on n'a pas testé.

On préfère faire confiance aux topos.

D'ailleurs, pourquoi les mettre en doute, ce qui aménerait à vérifier par nous-mêmes ? Hein ? Pourquoi ?

On les croit sur parole, les topos.

Et on se concentre encore plus sur ses pieds.

Car on sait que le Gore-Tex glisse très bien sur la neige.